Les premières traces de peuplement
L'Homme a laissé de nombreuses traces au cours de toute la période
préhistorique, marque d'un peuplement très ancien, sans doute facilité
par un climat plus favorable qu'aujourd'hui
.
À l'
Acheuléen (
Paléolithique inférieur),
des indices datant d'au moins 700 000 ans traduisent une première
activité humaine. Ces hommes vivaient principalement de la cueillette et
de la chasse. Les outils de cette époque sont les
galets aménagés, le
biface, les
hachereaux découverts notamment dans les régions de
Casablanca et de
Salé.
Le
Moustérien (
Paléolithique moyen) entre 120 000 et 40 000 ans avant l'ère chrétienne, se caractérise par l'évolution de l'outillage. Cette période a livré des
racloirs et des
grattoirs, en particulier au sein de l'
industrie lithique de
Jbel Irhoud.
La période de l'
Atérien (de
Bir el-Ater en
Algérie) est connue uniquement en
Afrique du Nord. Cette période se caractérise par la maîtrise de la production d'outils présentant des
pédoncules destinés à faciliter l'emmanchement. Cette période a aussi connu un changement climatique, puisque la
faune et la
flore se raréfient, laissant place au désert qui coupe aujourd'hui l'
Afrique en deux.
Peuplement ibéromaurisien
Le
Paléolithique supérieur est marqué par l'arrivée d'
Homo sapiens, porteur de l'industrie
ibéromaurusienne. À Taforalt (
Oujda), les outils retrouvés datent de 30 à 20 000 ans avant J.-C. Des rites funéraires sont identifiés : les morts ont le corps en
décubitus latéral et les os peints.
Ces populations se maintiennent jusque vers 9 000 ans avant J.-C.
puis elles vont être éliminées ou absorbées par l'arrivée des premiers
ancêtres des populations berbères actuelles : les
capsiens (nom issu de la ville antique de
Capsa, aujourd'hui
Gafsa) arrivent de l'est (comme le montrent les études linguistiques, qui classent dans la même famille l'égyptien et le berbère).
Des sites
néolithiques, montrant l'apparition d'une sédentarisation et la naissance de l'agriculture sont découverts près de
Skhirat (Nécropole de Rouazi-Skhirat) et de
Tetouan (grottes de Kaf Taht el Ghar et de Ghar Kahal)
Antiquité
Les
Phéniciens, commerçants entreprenants originaires du
pays de Canaan, installent leur premiers établissements sur les côtes marocaines dès le
XIe siècle av. J.-C. et fondent des
comptoirs comme
Tingi (
Tanger) ou
Lixus (près de
Larache). C'est à partir de la fondation de
Carthage (en
Tunisie, Maghreb de l'Est) que la région commence à être réellement mise en valeur. L'influence de la
civilisation carthaginoise se fera sentir près de mille ans au Maroc : en effet à partir du
VIe siècle,
les Carthaginois en quête de métaux précieux (extraits des mines de
l'Atlas et de la vallée du Draâ), de pourpre (issu d'un coquillage, le
murex, que l'on trouve à Mogador par exemple, à l'origine de la teinture
du même nom), vont commercer avec les populations locales et introduire
des éléments culturels propres à la société phénicienne.
pièce de monnaie à l'effigie de
Juba II
C'est à partir du
IVe siècle av. J.-C.
que, dans le nord du Maroc, apparaît la première organisation politique
du pays : le royaume de Maurétanie, résultat de la fédération de
différentes tribus berbères imprégnées des valeurs phénico-puniques
d'État unitaire
6.
La Maurétanie connaît dès lors une organisation centralisée autour du
roi, détenteur de tous les pouvoirs. Les cités sont administrées par des
magistrats appelés
suffètes,
inspirés du modèle carthaginois. Les chefs des tribus conservent une
certaine autonomie mais sont tenus de fournir des contingents variables
de guerriers. Le punique est la langue officielle utilisée pour les
documents administratifs, les rapports diplomatiques et les cultes de
Baal et de
Tanit.
Maurétanie Tingitane à l'ouest, Maurétanie Césarienne au centre-ouest, Numidie au centre-est et Africa à l'est.
Lorsque les Romains arrivent vers le
IIe siècle av. J.-C., après la destruction de
Carthage, ils s'allient au roi
Bocchus de Maurétanie. Cette stratégie leur permet de prendre à revers leur ennemi, le chef
numide Jugurtha, gendre de Bocchus. Celui-ci y gagne le titre d'Ami du peuple décerné par la
République romaine ainsi que l'estime de
Caius Marius.
La Maurétanie devient un royaume vassal, un « État-client », qui, s'il
dépend étroitement de Rome et prendra part à toutes les querelles
internes de l'Empire, reste de fait autonome. Le roi
Juba II
(25 av. JC) se distingue par son ouverture à toutes les cultures du
bassin méditerranéen. Nourri à la culture grecque la plus classique, il
épouse
Cléopâtre Séléné, fille de
Marc-Antoine et de
Cléopâtre VII.
Une civilisation maurétanienne se constitue ainsi, principalement
urbaine, synthétisant avec originalité l'héritage punique et les
influences hellénistiques et égyptiennes.
En
40, le royaume des
Maures perd son dernier monarque,
Ptolémée de Maurétanie.
Caligula, qui l'a fait assassiner, fait face à la guerre d'
Aedemon : Il faudra quatre ans pour mater cette révolte et en 46, l'empereur
Claude annexe le royaume qui devient la province de
Maurétanie Tingitane avec pour chef-lieu la cité de Tingi. La domination romaine se limite aux plaines du nord (jusqu'à la région de
Volubilis près de
Meknès)
et l'Empire ne cherche pas à contrôler la région brutalement : il
semble que les tribus autonomes et pacifiques comme celle des Baquates,
sont imbriquées dans le territoire de la province. Pour autant Rome doit
lutter sans cesse contre les
Berbères des montagnes de l'Atlas et ceux des plaines atlantiques, comme les fameux Autololes issus du grand peuple
gétule